Partager l'article ! Prévision du Sommet Social du 18 janvier: Lors de notre rencontre avec le ministre du Travail, Xavier Bertrand, en vue de préparer le som ...
Lors de notre rencontre avec le ministre du Travail, Xavier Bertrand, en vue de préparer le sommet social du mercredi 18 janvier, et de notre entretien avec François Hollande, candidat PS à l’élection présidentielle, le même jour, nous avons soutenu l’exigence de travailler à la relance de la croissance pour recréer de l’emploi.
La délégation CFE-CGC a insisté sur la nécessité de repenser la formation initiale, l’orientation, l’insertion et l’accompagnement à l’emploi pour les jeunes comme pour les seniors. Il s’agit de
considérer la formation dans un objectif d’acquisition de compétences transversales, de capacités d’adaptabilité ; de mettre en place une véritable alternance au niveau des licences
professionnelles et masters ; d’installer de nouvelles pratiques de recrutement et d’abandonner les critères discriminant à l’embauche. La CFE-CGC a appelé à relancer le dossier égalité
professionnelle laissé pour compte aujourd’hui et, plus particulièrement, en période de crise, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.
S’inscrire dans une vision dynamique demande une relance de la croissance par la mise en place de dispositifs d’investissements réactifs, rapides et coordonnés. Quitte à prévoir des mesures de
contrainte pour les banques afin qu’elles entrent dans ce schéma.
Pour le financement de la protection sociale, la CFE-CGC a préconisé une Cotisation sociale sur la consommation et non une TVA sociale. La cotisation garantit un financement fléché et la CFE-CGC
demande qu’il vise expressément le budget de notre système de protection sociale. Le principe défendu par notre organisation consiste à baisser les cotisations sociales des employeurs,
parallèlement à une augmentation équivalente des salaires, la masse salariale restant constante pour l’entreprise. C’est l’augmentation du salaire qui permettra au salarié d’amortir le coût de
cette cotisation.
Notre objectif est de pérenniser notre système de protection sociale, qui s’est avéré être un amortisseur très efficace lors de la crise. Il s’agit aussi de redonner des perspectives aux jeunes
en leur assurant une protection efficace.
Parce qu’elle tient à protéger les revenus des ménages les plus faibles, la cotisation sociale proposée par la CFE-CGC ne cible ni le taux super réduit à 2,1 %, qui s’applique
aux médicaments, ni le taux réduit à 5,5 %, qui touche les biens de première nécessité et en premier lieu l’alimentaire. Elle propose plutôt d’agir sur le taux normal de 19,6. La
montée en charge de ce dispositif devra être progressive compte tenu de la sensibilité du sujet. Une hausse de 5 points préconisée par certains, nous apparaît trop brutale.
Enfin nous avons abordé la question de la fiscalité et de ses inégalités, tant au niveau des particuliers que des entreprises. Pour les entreprises, il faut se pencher sur la question de la
transmission des entreprises familiales ; réviser les règles fiscales en encadrant la déductibilité des intérêts pour les grands groupes (éventuellement en les plafonnant), en les rendant
plus équitables car il est injuste que les TPE et les PME payent en moyenne 28 % d' impôt pendant que les grands groupes se contentent de 8 % ; soutenir les entreprises exportatrices en
renforçant les aides au développement d’activités à l’exportation pour les PME, notamment le crédit d’impôt pour dépenses de prospection commerciale et le prêt pour l’export (PPE) délivré par
OSEO ; renforcer l’attractivité des produits fabriqués en France auprès des consommateurs, en engageant une réflexion sur le label d’origine « Made in France » ; renforcer la
spécialisation dans les services à forte valeur ajoutée en développant l’économie de fonctionnalité et une économie circulaire, enjeux de développement durable.
En conclusion, la CFE-CGC a rappelé le rôle fondamental de la démocratie sociale et la nécessité de rétablir un climat de confiance pour redonner un rôle significatif aux corps
intermédiaires.
Ce sont ces points que nous soutiendrons lors du sommet social du 18 janvier.
Bernard Van Craeynest
Président de la CFE-CGC