Depuis de nombreuses années, deux mondes évoluent en parallèle. Celui des États et de leur système relationnel au sein de l’ONU, du G8, du G20… Celui de l’économie qui s’est approprié la planète comme champ des échanges et du commerce des matières premières, des produits finis, des capitaux, des services…
Le second semble avoir mis le premier à ses ordres ! C’était oublier que, dans chaque pays, des peuples sont soumis à des règles du jeu fort inégalitaires. Et que ces peuples peuvent se soulever, troublant ainsi le bon ordre économique.
Les événements qui secouent le Maghreb et plus particulièrement la Tunisie, mais aussi l’Égypte, la Jordanie… sont là pour nous rappeler qu’en l’absence de gouvernance mondiale avec des règles du jeu admises et partagées pour ne pas exploiter les uns au détriment des autres, la World Company risque de faire faillite !
Nos dirigeants d’entreprise doivent ainsi se poser les bonnes questions sur l’ampleur de certaines délocalisations qui ont transféré nombre d’activités vers des pays aujourd’hui frappés d’instabilité. Des centres d’appel, aux usines dans le textile, l’automobile, l’aéronautique sans parler des enseignes de distribution… nous mesurons tout à coup les effets contre-productifs d’une activité promise à un développement sans limite hors de nos frontières.
La CFE-CGC appelle à un retour au calme et l’établissement d’une vraie démocratie partout dans le monde. Elle appelle également ses élus et militants à veiller, dans le cadre de ses débats au sein des instances représentatives du personnel, à éclairer le bon choix de la localisation des activités.
Le service communication CFE-CGC
Comment Pôle Emploi pouvait-il présenter un bilan digne d’un grand service de l’emploi quand l’exercice final consistait à assumer un désengagement de l’État côté recettes et une démarche d’amélioration du service aux demandeurs d’emploi côté dépenses ?
Tout en faisant face à une fusion ASSEDIC-ANPE qui dans sa troisième année n’est pas encore génératrice d’économies, tout en assumant la ponction par l’État, la prise en charge des 857 orientations de l’AFPA et les effets démultiplicateurs de la crise sur le nombre de demandeurs d’emploi,… et le tout avec le non renouvellement sur fin 2011, début 2012 de 973 CDD… comment boucler ce budget sans des coupes sombres…
La CFE-CGC déplore cependant que ce tour de vis se fasse essentiellement sur le seul poste au service du retour à l’emploi : le retour à la sous-traitance des opérateurs privés.
Comment réaliser l’irréalisable avec une ligne budgétaire réduite et un nombre de demandeurs d’emploi qui a encore augmenté en 2010, ceci sans que les salariés de Pôle Emploi ne soient pris en otage entre des chômeurs mécontents et une obligation de résultats poussée à l’extrême ?
Dans ce contexte la CFE-CGC ne pouvait que s’abstenir et réclamer une nouvelle fois un engagement fort de l’État de soutenir Pôle Emploi, son bras armé de la politique de l’emploi.
Le service communication CFE-CGC
Et maintenant !
Pour Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC, le discours de politique générale prononcé par François Fillon, ce jour devant la représentation nationale, est lucide. Nous partageons les constats sur l’état de notre société, de notre économie. Qu’en est-il des orientations et projets portés par le Premier ministre pour répondre aux défis ?
François Fillon prône le mouvement. Soit. Encore faut-il qu’il ne soit pas brownien ! Réduire les déficits ? Bien sûr ! Mais quels choix vont être opérés pour dynamiser la croissance, source d’emplois ? Pour éviter que la dette ne finisse par reposer sur les classes moyennes et les générations futures ?
En matière d’emplois, qu’il s’agisse d’insertion des jeunes, de maintien des seniors dans l’emploi ou de mise en œuvre de la sempiternelle flexisécurité, la démonstration est faite qu’il s’agit d’agir avec les entreprises pour trouver les solutions. Pas d’opposer les uns aux autres. Tout reste à faire !
L’éventuelle fusion du contrat de transition professionnelle (CTP) avec la convention de reclassement personnalisé (CRP) a un métro de retard. Nous en sommes moins à la gestion des licenciements collectifs qu’à la réalité des ruptures conventionnelles, des plans de départs volontaires. Comme Thales et Renault viennent d’en faire la démonstration : 4 500 postes supprimés en deux jours ! Sans parler des nombreux emplois qui vont tomber chez les fournisseurs et sous-traitants sur le front de la perte de compétitivité de l’économie française.
En matière de protection sociale, Bernard Van Craeynest relève que, pour la première fois, bien tardivement, François Fillon profite du débat annoncé sur la dépendance pour lever un coin du voile sur l’avenir de son financement pour maintenir un système apprécié par tous depuis 65 ans.
Plutôt que de modifier l’assiette avec un transfert sur la consommation, comme le propose la CFE-CGC, le Premier ministre parle de concertation pour déterminer ce qui doit relever de l’assurance obligatoire ou facultative, collective ou individuelle. Cet aveu d’enterrement des principes fondateurs de la Sécurité sociale de 1945 marque une régression.
La CFE-CGC ne l’admet pas. Elle sera un acteur de ce débat pour que chacun mesure les enjeux et les conséquences des choix qui seront faits dans les prochains mois…
Le service communication CFE-GCC