La réforme de la médecine du travail proposée par la commission des affaires sociales, le 15 juin 2011, montre la très grande sensibilité de la majorité aux pressions des employeurs.
Avec ce projet, les anomalies constatées dans les services de santé au travail pourront continuer et s’amplifier, « la santé au travail » pourra servir de façade de bonne conduite, le pouvoir restant dans les mains des employeurs sans contrôle, sans même que les confédérations patronales puissent être interpellées !
Le transfert de la mission de santé au travail, jusqu’alors portée par les médecins, aurait pu s’envisager avec un contrôle réel des partenaires sociaux sur la gestion et sur l’affectation des moyens dans les services actuels. La proposition de loi faite par la majorité retire cette mission aux médecins - ces témoins gênants avec leur éthique, leur indépendance professionnelle et leur secret médical - et la confie aux services dirigés par les employeurs. Un peu comme si l’on confiait la lutte contre la spéculation aux traders !
La CFE-CGC n’accepte pas cette manipulation. Elle dénonce le détournement d’une institution au service de la protection de la santé des salariés et sa récupération au profit des employeurs.
La CFE-CGC interpelle les députés : les salariés, qui sont aussi leurs électeurs, sont très attachés à un système de prévention qui puisse bénéficier de leur confiance par un réel contrôle paritaire.
Salaires
Le sacrifice de l’encadrement
Le ministère du travail constate que « la moitié des cadres classés aux premiers niveaux des grilles cadres ont un salaire inférieur à 2 080 euros en 2010 ». Et de préciser : « la situation des premiers niveaux cadres s’est progressivement un peu dégradée puisque la grille des cadres démarre à un montant inférieur à 75 % du plafond de la Sécurité sociale dans près d’une branche sur deux en 2010 ».
Des données édifiantes pour la CFE-CGC : les salaires minima moyen et médian des premiers niveaux cadres sont inférieurs de 30 % au plafond de la Sécurité sociale (2 885 euros en 2010). Ce qui ne fait que confirmer les observations de la CFE-CGC sur la baisse du pouvoir d’achat des cadres : les revenus de l’encadrement n’offrent plus de perspectives enviables et motivantes.
La CFE-CGC ne cesse d’alerter les pouvoirs publics et le patronat : cette situation a des conséquences néfastes pour toute notre protection sociale. À l’heure où, encore une fois, le financement de nos déficits n’entraîne que des réflexes faciles qui consistent à solliciter toujours les mêmes, les catégories moyennes, la confirmation de la baisse des revenus de l’encadrement doit déclencher une prise de conscience :
- La baisse des salaires de l’encadrement constitue une perte de ressources grave pour notre système de protection sociale déjà bien mal en point.
- Elle entraîne une perte de ressources aussi grave pour l’AGIRC que le récent accord de financement n’a pas résolue et lèse l’encadrement déjà touché dans son pouvoir d’achat. La CFE-CGC rappelle qu’il suffirait de baisser le plafond de cotisation AGIRC (tranche B) à hauteur de 80 % de celui de la Sécurité sociale pour que l’AGIRC redevienne excédentaire !
- Elle occasionne des dégâts en cascades sur l’ensemble des grilles de rémunération en tirant les salaires vers le bas, le tout au détriment de la croissance jusqu’alors tirée par la consommation mais qui le sera de moins en moins.
La CFE-CGC demande que la barre soit redressée. Elle propose, pour les cadres autonomes, une rémunération au minimum égale au salaire charnière de l’AGIRC (3262,22 euros par mois) et, pour les salariés non cadres autonomes, un salaire plancher équivalent au plafond de la Sécurité sociale.
La CFE-CGC organise un débat autour de la notion du travail, jeudi 30 juin 2011, de 17h30 à 20h00, autour des livres
"Travail. La Révolution nécessaire" et "Cadres, classes moyennes : vers l'éclatement ?", à la Maison de la
CFE-CGC, 59 rue du Rocher, dans le 8ème à Paris.
Seront présents à cette rencontre :
- Dominique Méda, directrice de recherche au Centre d'Études de l'Emploi et auteure du livre "Travail. La Révolution nécessaire",
- Charles Gadea, professeur de sociologie à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, et Sophie Pochic, chargée de recherche CNRS au Centre Maurice
Halbwachs, auteurs du livre "Cadres, classes moyennes : vers l'éclatement ?",
Et Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC.
Selon les auteurs de "Cadres, classes moyennes : vers l'éclatement ?", "les classes moyennes se paupérisent. Le malaise des cadres s'exacerbe, coincés entre ouvriers et employés, d'une part,
et les classes dirigeantes de l'autre. La société française se cabre ! Une vision pluraliste et nuancée, étayée sur des recherches empiriquement fondées, était nécessaire. En faisant appel à des
comparaisons internationales et à des experts étrangers, les auteurs, spécialistes reconnus, dressent un bilan fondé pour participer au débat social et politique actuel sur la mobilité sociale,
l'ascenseur social en panne".
Pour télécharger l’invitation, il faut entrer sur le site de la Confédération.